THEATRE

Bruno Putzulu & Grégory Daltin – Les Ritals de François Cavanna

Bruno Putzulu & Grégory Daltin – Les Ritals de François Cavanna

Denis Vase

octobre 7th, 2018

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Harfleur ouvrait hier, sa saison culturelle dans la salle de la Forge, avec le spectacle « Les Ritals » d’après le livre éponyme de François Cavanna sorti en 1978, rencontrant alors immédiatement, un immense succès.

Pour son adaptation, qui d’autres que des artistes imprégnés de l’héritage italien pouvaient le mieux tenir les rôles? Ainsi donc Bruno Putzulu dans le peau de Cavannna enfant et Grégory Daltin l’accompagnant à ‘accordéon, tous 2 issus de parents italiens ont tenu en haleine les spectateurs très attentifs pendant plus d’une heure trente de spectacle.

Les Ritals se sont les souvenirs d’un gosse entre 6 et 16 ans de la période entre les 2 guerres. Ces souvenirs ne lui reviennent pas de façon chronologique, ils évoquent son père, sa vie rue Sainte-Anne au bord de la Marne, les parties de cartes animées des dimanches après-midis, l’apparition de le TSF et la joie de chanter des chansons de Tino Rossi que « toutes les femmes aimaient, mêmes les petites, alors comment rivaliser? ». D’ailleurs, les filles il en est question, mais les filles d’italiens comment les aborder alors « qu’elles ne sortent que pour aller à la messe le dimanche? »… Les premiers émois de l’amour aussi drôles que fantasques expérimentés dans un bordel marquent un moment fort du spectacle.

Ces souvenirs sont marqués d’une très grande tendresse envers son père très joyeux – à l’inverse de sa mère toujours inquiète pour son fils et dont « la bouche ne se plie pas dans le sens de la rigolade » – et d’admiration dans un milieu très modeste où la peur du chômage rôde dans un contexte économique difficile.

Des souvenirs emprunts d’un regard acerbe sur les macaronis, les ritals et autres quolibets péjoratifs, de ceux qui viennent manger le pain des français, des souvenirs, tant de souvenirs conclus par l’observation « je voulais vous raconter des Ritals, et en fin de compte je vous ai surtout raconté papa ». Emouvant, drôle, parfaitement interprété.

Ce spectacle évoquant des années pourtant déjà lointaines reste toujours et encore d’actualité, car la roue des années a beau tourner, la crise de l’immigration reste la même, touchant hier les italiens, les portugais, les polonais, aujourd’hui d’autres nationalités plus lointaines cherchant à rejoindre l’Europe. Gageons que les enfants d’immigrés se sont reconnus dans ce spectacle.

 

Ennevi

6 octobre 2018

 

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