CINEMA

EN MILLE MORCEAUX

EN MILLE MORCEAUX

Denis Vase

octobre 19th, 2018

Pas de commentaire

Le cinéma Sirius présentait hier soir en avant-première, le film « En mille morceaux », en présence des acteurs Clémentine  Célarié et Serge Riaboukine ainsi que de Pascale Guérard-Berquer, bâtonnier au barreau du Havre et Maître Patricia Rique-Serezat, avocat,  afin qu’elles prennent part activement  au débat d’après-film sur un sujet méconnu,  celui de la justice restaurative – après sondage, seules 5 personnes dans la salle connaissaient –  brillamment illustré dans le film par des acteurs profondément touchants de sincérité et mettant en avant avec beaucoup de pudeur, des valeurs foncièrement humaines.

Le sujet traité est grave et interroge, mais il conduit vers l’espoir et c’est bien cela qui a poussé les acteurs à accepter un rôle difficile, pour un film lui-même difficile et dont personne ne voulait…. Au-delà de l’histoire, le  sujet conduit à réfléchir sur le pardon, non pas dans un registre religieux, loin de là, mais celui de la foi.

Oui, ce huis-clos réunissant une mère amputée de son enfant et blessée à perpétuité, rencontrant l’assassin de son fils 25 ans après les faits afin de trouver toutes les  réponses à ses questions, interroge. Il interroge  sur  l’acceptation menant à la reconstruction, car ce travail là n’est pas assuré par la justice qui ne fait qu’ apporter une réponse pénale à un crime mais ne  répare rien et à l’issue,  il est bien naturel de se demander ce que nous ferions nous-même dans pareille situation : serions-nous capables de faire un pas  vers l’autre et peut-être pardonner ?

Ainsi donc la justice restaurative consistant à mettre en lien des victimes et des auteurs de crime  selon une procédure très bordée et encadrée, existant à l’étranger depuis longtemps mais peinant  à prendre place en France en dépit de la loi Taubira  de 2014 a toute son importance pour parer aux manquements humains de la justice. Elle ouvre des portes et permet d’aller l’un vers l’autre, processus qui gagne à être développé puisque ce processus permettrait une baisse de la récidive de 30%.

Clémentine Célarié, dès les premières minutes de son intervention félicite le public d’être là,  « c’est un geste citoyen que vous soyez-là » déclare-t-elle pour un film qui au fur et à mesure qu’elle en parle et le défend, le définit  comme film militant.

 

Ennevi

19 octobre 2018

One Comment

  1. Maryse Bardet says:

    J’ai vu le film il y a 15 jours maintenant. On repart avec des questions plein la tête et je chemine depuis avec . Un film militant, absolument !!! Un film qui oblige à avoir un regard sur un sujet qui dérange. Du grand art! Bravo Véronique !!

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