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JACQUOTTE ET LES DOCKERS

JACQUOTTE ET LES DOCKERS

Denis Vase

octobre 22nd, 2017

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La réalisatrice Auberi Edler, venue faire des recherches et approches  pendant 2 ans puis tourner  un an dans le milieu d’abord très   fermé des  dockers a présenté son film de 52 minutes intitulé Jacquotte et les dockers samedi dernier au THV.

Si Jacquotte,  femme aux abords pas faciles mais au cœur d’or,   héritière du  dernier bastion des bars du quai de Saône –  Le Marie-Louise – en comptant encore 7 jusque dans les années 80, apparait dans le film à plusieurs reprises comme témoin de cette vie de dockers qu’elle connait aussi bien que les intéressés, il ne faut pas s’y tromper, ce sont bien les dockers, les héros de ce  reportage.

Des témoignages, il en est question, mais l’objectif de la caméra s’attarde davantage sur des scènes de travail pénibles,  périlleuses et dangereuses où l’on voit  le travail du charbon en fond de cale, charbon que les ouvriers  inhalent malgré eux –ils ne portent pas de masques – entrant dans toutes les pores, les cavités,  au péril de leur santé.

On découvre ces jeunes en formation à la mine si  peu réjouie des ados d’aujourd’hui qu’elle en devient comique,  confrontés au vide et au vertige et finalement heureux de marcher dans le pas de leurs pères après avoir décroché le sésame leur permettant d’accéder au métier, le fameux CQP, ainsi que l’obligatoire carte de la CGT.

Je garderai pour moi ce que m’inspire cette obligation, mais il faut reconnaître que ce syndicat, d’une très grande puissance depuis toujours dans ce milieu a permis d’obtenir de grandes avancées pour ces ouvriers.  A l’heure d’une mort annoncée, avec comme horizon le spectre de l’automatisation des ports, le syndicat   continue plus que jamais à défendre leurs métiers.

Comme beaucoup dans la salle, j’ai été extrêmement touchée par la générosité et la solidarité des dockers. Quelle entreprise aujourd’hui se préoccuperait encore de ses anciens ?…Une fois à la retraite, ces gens-là faisant partie d’une grande famille ne sont pas au rebus, ils sont honorés à Noël par exemple. Quelle entreprise encore, se préoccupe de savoir si les veuves d’ouvriers décédés suite à des problèmes d’amiante ont été correctement indemnisées pour vivre décemment ? Là encore, la grande famille des dockers se serre les coudes pour ne laisser personne sur la touche.

Toute idée politique ou économique écartée, on devrait imposer aux PDG des plus grandes entreprises qu’elles soient cotées au CAC40 ou non, de regarder ce reportage afin qu’ils en tirent une leçon d’humanité faisant gravement défaut à la société d’aujourd’hui !

 

Ennevi

22 octobre 2017

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